Vendredi 24 mars 2006
Anecdote :
Il est environ 13h12. Je quitte les bureaux du BOCOG (Comité d'organisation des Jeux Olympiques de Beijing 2008) pour aller manger dans ce restaurant qui te sert du riz sauté au poulpe.
En chemin, j'entends quelqu'un hurler. Puis j'aperçois deux chinois qui courent entre les voitures au beau milieu de la voie rapide. Ils viennent dans ma direction et il devient clair que celui qui hurle est poursuivi par l'autre. Ils atteignent le trottoir sur lequel je marche et là je vois que le poursuivant, casquette de baseball bleue vissée sur la tête et bomber en cuir, brandit une paire de menottes.
Le poursuivant est-il un policier en civil, ou un gangster ? En Chine, il est facile de se procurer les costumes des policiers, des militaires, galons en moins, alors pourquoi pas des menottes ?
Le poursuivi a le teint très mat. Cela laisse à penser qu'il passe du temps à l'extérieur, peut-être vendeur à la sauvette ou chiffonnier ? Toujours est-il qu'il s'arrête pour reprendre son souffle. Alors le poursuivant se sert de ses menottes comme d'une matraque et frappe le poursuivi au visage qui se protège en levant le bras. Je n'en crois pas mes yeux.
Le poursuivi se remet à courir, et hurle de plus belle. Les coups de menotte au visage ça doit faire mal. Pendant que j'assiste aux méthodes un peu musclées du poursuivant je me demande s'il est réellement assermenté par le gouvernement.
Ils passent tous les deux, l'un après l'autre, à mes côtés et continuent leur course dans mon dos. Je poursuis mon chemin.
Quelques chinois se mettent à courir dans ma direction. J'imagine qu'ils sont les victimes du poursuivi, poursuivi pour les avoir voler. Mais bientôt je reconnais parmi eux le patron du restaurant, puis trois des serveuses. Une petite dame coure, le sourire aux lèvres, elle me montre ces dents. Je me retourne, ils se dirigent tous vers la rue où se sont engouffrés le poursuivi et le poursuivant. Tous les chinois que je croise sont hilares, joyeux, contents.
Questions :
Comment une telle scène peut-elle provoquer une jouissance pareille chez les chinois ?
Les chinois sont-ils si malheureux que voir quelqu'un se faire maltraiter à son tour les rende si joyeux ?
Quels sentiments les chinois éprouvent-ils lorsqu'ils voient un homme se faire frapper à coup de menotte par un autre homme ?
Les badauds se mettent-ils à la place du poursuivant ou du poursuivi ?
La souffrance de cet homme qui se fait frapper ne les atteint pas ?
Pourquoi veulent-ils absolument assister à cette scène ?
20 minutes plus tard, je quitte le restaurant et marche en direction du BOCOG. Au coin de la rue où avaient disparu le poursuivant et le poursuivi je croise la petite dame aux dents blanches et une des serveuses qui guettent, semble-t-il, le retour des deux hommes...
Il est environ 13h12. Je quitte les bureaux du BOCOG (Comité d'organisation des Jeux Olympiques de Beijing 2008) pour aller manger dans ce restaurant qui te sert du riz sauté au poulpe.
En chemin, j'entends quelqu'un hurler. Puis j'aperçois deux chinois qui courent entre les voitures au beau milieu de la voie rapide. Ils viennent dans ma direction et il devient clair que celui qui hurle est poursuivi par l'autre. Ils atteignent le trottoir sur lequel je marche et là je vois que le poursuivant, casquette de baseball bleue vissée sur la tête et bomber en cuir, brandit une paire de menottes.
Le poursuivant est-il un policier en civil, ou un gangster ? En Chine, il est facile de se procurer les costumes des policiers, des militaires, galons en moins, alors pourquoi pas des menottes ?
Le poursuivi a le teint très mat. Cela laisse à penser qu'il passe du temps à l'extérieur, peut-être vendeur à la sauvette ou chiffonnier ? Toujours est-il qu'il s'arrête pour reprendre son souffle. Alors le poursuivant se sert de ses menottes comme d'une matraque et frappe le poursuivi au visage qui se protège en levant le bras. Je n'en crois pas mes yeux.
Le poursuivi se remet à courir, et hurle de plus belle. Les coups de menotte au visage ça doit faire mal. Pendant que j'assiste aux méthodes un peu musclées du poursuivant je me demande s'il est réellement assermenté par le gouvernement.
Ils passent tous les deux, l'un après l'autre, à mes côtés et continuent leur course dans mon dos. Je poursuis mon chemin.
Quelques chinois se mettent à courir dans ma direction. J'imagine qu'ils sont les victimes du poursuivi, poursuivi pour les avoir voler. Mais bientôt je reconnais parmi eux le patron du restaurant, puis trois des serveuses. Une petite dame coure, le sourire aux lèvres, elle me montre ces dents. Je me retourne, ils se dirigent tous vers la rue où se sont engouffrés le poursuivi et le poursuivant. Tous les chinois que je croise sont hilares, joyeux, contents.
Questions :
Comment une telle scène peut-elle provoquer une jouissance pareille chez les chinois ?
Les chinois sont-ils si malheureux que voir quelqu'un se faire maltraiter à son tour les rende si joyeux ?
Quels sentiments les chinois éprouvent-ils lorsqu'ils voient un homme se faire frapper à coup de menotte par un autre homme ?
Les badauds se mettent-ils à la place du poursuivant ou du poursuivi ?
La souffrance de cet homme qui se fait frapper ne les atteint pas ?
Pourquoi veulent-ils absolument assister à cette scène ?
20 minutes plus tard, je quitte le restaurant et marche en direction du BOCOG. Au coin de la rue où avaient disparu le poursuivant et le poursuivi je croise la petite dame aux dents blanches et une des serveuses qui guettent, semble-t-il, le retour des deux hommes...