Mercredi 9 août 2006

        Ce soir, tu t'apprêtes à prendre le train depuis Nankin (la capitale du Sud) jusqu'à Pékin (la capitale du Nord).

 

         Tu as acheté pour 400 yuans (40 euros) de couchette molle. En Chine, les différentes classes sont nommées par la souplesse des sièges.

 

Du meilleur prix au plus cher :

- assis dur : PPP! !PP (le P signifiant place et ! ! matérialisant le couloir.) Dans cette classe, les gens sont serrés les uns contre les autres. Pas d'accoudoir entre les sièges.

 

- assis mou : PP! !PP. Ici on a les accoudoirs et quelqu'un d'un peu rond peut s'asseoir confortablement.

 

- couché dur : CCC! !CCC (C signifiant couchette). Très peu de place entre le visage et la couchette au-dessus de toi, le compartiment est ouvert sur le couloir. Assez bruyant et particulièrement étroit.

 

- couché mou : CC! ! CC. Là tu as une porte, une lampe individuelle et la télévision. Tu peux régler la climatisation, la couchette est confortable.

 

         Tu as eu beau demander une place en couchette dur, la vendeuse t'a vendu une couchette molle, deux fois plus chère, peut-être à cause de ta couleur de peau.

         Tu occupes donc la couchette molle en haut à droite, la numéro 12, la même place qu'à l'aller. En bas, un couple de personnes âgées, accompagnent leur petite fille à la capitale. Tu oublies un instant que personne n'occupe encore la couchette en face de la tienne.

         Environ 10 minutes avant le départ du train, un chinois fait son irruption : il sera ton compagnon de nuit. Il est la caricature même du chinois du Nord. Porte-clefs à la ceinture : en Chine, le nombre de clefs traduit la richesse et le pouvoir. Si tu possèdes un magasin, une voiture, une maison, un garage, ça te fait quatre clefs. En les accrochant à ta ceinture, chemise rentrée dans le pantalon, elles s'entrechoquent pour attirer l'oeil comme pour dire : "regarde, je suis quelqu'un moi". En plus du trousseau de clefs, il porte toujours à la ceinture son téléphone portable rangé soigneusement dans une petite pochette en imitation cuir. Dès que la sonnerie, sorte de bruit de marteau piqueur mélangé à une mélodie pop électronique retentit, il dégaine son téléphone en poussant un "HANNNN", comme s'il venait de vomir deux litres de vin, les yeux exorbités et que tu lui demandais si ça va. Vêtu de l'incontournable pantalon de costume, il porte un polo à manche longue vert sombre. Les traits du visage grossier et la mine patibulaire, tu as presque envie de le gifler pour le punir d'être aussi laid. C'est le type même du chinois qui se comporte mal avec les femmes, méprise tous ceux qui gagnent moins d'argent que lui, fréquente deux maîtresses pendant que sa femme tient la maison et élève leur enfant unique, fume jusqu'à deux paquets de cigarettes cancéreuses par jour, se racle la gorge et crache à tout bout de champ.

         En le voyant s'installer dans la couchette et hurler dans son téléphone (il est 21h30 et tu es fatigué par la belle journée que tu viens de passer dans les montagnes Pourpres), tu commences à t'inquiéter. Mais bientôt il coupe son téléphone, s'étale de tout son long et commence à ronfler. 

         Tu comprend à présent la signification du mot maudire. Tu te demandes si Dieu existe réellement. Quel crime as tu bien pu commettre pour mériter d'être enfermé avec cet énergumène ronfleur pendant 9 heures dans la même cabine ?! Comme tu voyage en couchette molle, l'isolation empêche le bruit du train sur les railles de couvrir les ronflements. Tu hésites entre la le pot d'échappement d'une motocyclette, une table en bois que l'on traîne sur le carrelage ou bien l'air soufflé dans un capuccino au moyen d'une paille. Mais ce dont tu es sûr c'est que cet homme péterait par la bouche que ça ferait le même bruit.

         Tu tires violemment sur son oreiller pour tenter de l'empêcher de ronfler. Il s'arrête un instant, tu soupires de soulagement, puis il recommence de plus belle. Tu tires et tires encore sur l'oreiller qu'il finit par retirer de sous sa tête pour le poser à côté de lui. Maintenant, sa tête est posée sur la couverture pliée. Comme il n'arrête pas, tu continues à donner des coups de poing dans la couverture, tu te retiens pour ne pas viser sa tête. Alors à chaque fois, il place la couverture un peu plus loin de toi, et tu ne peux plus l'atteindre.

         Tu essaies de t'habituer au concerto pour glavio qu'il te joue avec brio. Tu imagines le chemin que peut bien parcourir l'air de son nez à ses poumons pour émettre un tel vacarme. Tu imagines les alvéoles pulmonaires noircies par le goudron des cigarettes, la paroi de l'oesophage recouverte de morve qu'il se racle chaque matin afin d'expectorer le magma visqueux qui loge dans ses poumons, et les narines qu'il se cure méthodiquement de l'ongle du petit doigt de la main droite lorsqu'il à deux minutes à tuer.

         Tu commences à te rendre compte que ta seule chance est d'épouser le son provoqué par cet olibrius. Tu dois te mettre en osmose avec le son qui sort de son nez et de sa bouche. Tu dois faire un avec lui. L'idée t'écoeure atrocement. Tu sens la colère montée en toi. Tu le maudis et tu pries pour qu'il meure pendant son sommeil. Tu espères que s'il sort vivant du train, si tu ne lui a pas découpé les paupières au coupe-ongle, si tu ne lui a pas arracher les dents et les ongles des mains à la tenaille, ou si tu ne l'as pas tué d'un coup de marteau frappé sur la tempe, qu'il développera un cancer des poumons, qu'il deviendra désagréable avec les gens autour de lui et que personne ne sera auprès de lui quand il rendra son dernier souffle dans d'atroces souffrances.

         Tu essaies de te calmer, lui aussi se met à ronfler un peu moins fort. Mais il suffit que tu commences à sombrer dans les bras de Morphée pour qu'il change de rythme. Il semble s'étouffer, tu te dis, ça y est, enfin il va crever. Mais le voilà reparti pour un nouvel opus.

         Certains chercheurs sont encore à se demander quel est le chaînon manquant entre le singe et l'homme. Ne cherchez plus, il est juste là couché en face de toi.

        Tu t'enfonces rageusement deux morceaux de papier toilette dans les esgourdes, mais cela est peine perdue. Tu tentes de te recroqueviller dans ta couverture. Avec la chaleur qu'il fait dans la cabine, tu sues énormément et commence à manquer d'air. Quoi que tu fasses, la sonate, que te joue l'autre vautré sur sa couchette, est bien trop forte pour lui échapper.

 

...

         Finalement il se réveille. Il doit être 2 heures du matin. Tu te doutes que ce sont les coups de poing répétés que tu as envoyés dans sa couverture. Ce n'était pas facile mais tu y aies arrivé. Alors il allume sa lampe individuelle, se coiffe du casque stéréo qu'il branche sur l'écran de télé et se met à regarder un programme démodé.

        Il laissera sa lampe allumée jusqu'au levé du jour. Tu finis par t'endormir malgré la lueur de la lampe. Tu auras passé la plus mauvaise nuit de ta vie.

par Jonas publié dans : lesjoetlesbasdejonas
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Mardi 20 juin 2006

   Ils sont cinq, assis là sur des petits tabourets en bois. Voisins, amis, frères ou cousins, ils se sont réunis ce soir pour partager leur festin.

   Dans quelques jours, les sbires du gouvernement chinois viendront détruire leur maison à coup de marteau et de hachoir de cuisine. Les Jeux Olympiques sont le symbole de la Chine moderne et rien ne se dressera en travers de leur chemin. Des banderoles rouges sont accrochées : « Voisins, déménageons ensembles main dans la main !! », sans doute pour convaincre les habitants de la ruelle que leur sort, puisqu’il est partagé, est justifié. Parfois dans la nuit, certains d’entre eux décrochent le slogan écrit en lettres de sang, qui sera aussitôt remplacé au petit matin.

   Sur la table basse, très basse, environ à 60 centimètres du niveau du sol, les bouteilles de bières fraîches  accompagnent les assiettes de cacahuètes grillées, le fromage de tofu séché et autres « xiajiucai », littéralement aliments qui font descendre l’alcool. Assis sur des minis tabourets, les convives parlent fort. Les maisons de la ruelle sont si petites, qu’ils sont obligés d’organiser leur banquet dans la rue. Ils bloquent pratiquent le passage, mais cela provoque la joie de certains, qui sur le chemin du retour à la maison sont alors obligés de s’arrêter pour prendre un verre.

   Le repas sera gargantuesque mais la tenue vestimentaire restera décontractée : sandales de plastique, short en coton, c’est à peu près tout ce que s’autoriseront à porter les participants. Pendant la journée la température est montée jusqu’à 38 degrés. Entre bedaines et tétons, les bouteilles s’entrechoquent dans un brouhaha de verbes alcoolisés.

   Les femmes sont absentes de la scène. Du moins tu ne les vois pas. Tu les imagines entre copines, dans un salon de karaoké, chantant des chansons pop sur un air aseptisé.

 

 

 

 

 

 

 
par Jonas publié dans : lesjoetlesbasdejonas
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Mercredi 24 mai 2006
    Si tu préfères les transports en commun au taxi égoïste, tu seras confronté(e) tôt ou tard à cette situation.


    On ne le répètera jamais assez, la Chine est un pays surpeuplé. Si les gens se comportaient comme par chez nous, leur vie serait un calvaire. Prenons un exemple tout simple : tenir la porte. Tu vas à la poste, tu ouvres la porte pour pénétrer dans le bâtiment, tu jettes un coup d'oeil mécanique dernière toi et retiens la porte pour la personne qui te suit. Dans des pays comme la France, l'Australie ou le Québec cette manière de se comporter est toute naturelle et très appréciée. Mais dans un pays comme la Chine, c'est impossible.
    Imaginons Pékin avec ses 15 millions d'habitants. Si monsieur Wang se rend à la poste, il vaut mieux qu'il ne tienne pas la porte à madame Bing qui le suit. En effet derrière madame Bing il y a 150 monsieur Liu, 125 mlle Wu qui veulent aussi avoir accès aux services de la poste. Alors notre monsieur Wang se retrouvera portier avant même avoir eu le temps de dire "ouf".

    On retrouve le même phénomène dans les transports. Ne laisse jamais, piéton, cycliste ou automobiliste te passer devant car un millier d'entre eux n'attendent que ça pour traverser. Il y a un flot continu de voitures, piétons et vélos. Si tu penses à l'autre tu es fichu(e).

    C'est un peu comme se dire "merci", ou "pardon". Si les chinois devaient dire "pardon" à chaque fois qu'ils bousculent quelqu'un, ils auraient constamment la gorge sèche.

    Alors quoi ? Les chinois sont des malpolis ? C'est ce que je croyais avant aujourd'hui. Jusqu'à maintenant lorsque je prenais le bus et qu'un chinois me bousculait pour descendre ou monté, je pestais. "Tu as avalé ta langue ? Ca t'arracherait la gueule de me dire pardon ?" J'étais aveugle et n'avais rien compris.

    Ce matin, nous étions tous serrés comme des saucisses dans le 834. Une place s'est libérée. Un homme d'un certain âge, debout à côté de moi, tournait le dos à cette place en or. Un jeune, de mon âge a avancé la main vers mon voisin pour tirer sur la manche de son veston. L'homme se retourne, le jeune hoche la tête en direction de la place vide, et l'homme s'assoit.
    En occident, le jeune aurait dit : "Monsieur, excusez-moi, cette place est libre si vous voulez vous asseoir" ou quelque chose comme ça. Et l'homme aurait répondu : "Oh vous êtes bien aimable jeune homme !"
    En Chine c'est autre chose. Les gens ne se parlent pas, ils se bousculent, se tirent sur la manche, se marchent sur les pieds... Mais leur mutisme n'est pas synonyme de mépris.

    J'imagine que la personne qui me marche sur le pied est toute désolée. Mais elle doit sans doute se dire que je sais qu'elle est désolée, naturellement, et qu'elle n'a donc pas la peine de prendre soin de me le faire savoir. Quel temps perdu !! Pour preuve le coin de son sac rempli de livre qu'elle m'envoie dans les reins en sautant au bas du bus.

par Jonas publié dans : lesjoetlesbasdejonas
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Vendredi 19 mai 2006
    L'autre soir je devais rejoindre des amis qui mangeaient dans un restaurant japonais situé au beau milieu du quartier des ambassades. Le copain qui m'avait donné l'adresse de l'établissement m'avait fait prendre le métro et descendre à la mauvaise station. Lui, a plutôt l'habitude de prendre le taxi. Par téléphone il m'explique vaguement comment je dois m'y prendre pour les rejoindre, il me baragouine le nom d'une rue, qui doit d'après lui longer une petite rivière.  Comme je me méfie un peu, je demande mon chemin au jeune gardien posté devant les grilles de la première ambassade que je vois. Il sait tout de suite de quoi je parle, et m'oriente vers la rue des bars.


    Il est presque 22h00, heureusement j'ai déjà mangé, et mes amis qui m'attendent savent que je ne ferai que partager avec eux un dernier verre de saké. Il a plu cet après-midi et je dois sautiller entre les flaques d'eau. Il fait déjà nuit et l'air est chargé d'humidité. Je relève le col de ma veste avant de pénétrer dans la rue des bars.

    Je te passerai la description des bars que je n'ai pas vu d'ailleurs, pour m'attarder sur la dernière portion de cette "rue de l'enfer". Je continue à marcher, et laisse bientôt derrière moi les bars qui scintillent. Je me fais accosté deux ou trois fois, on me propose un massage. Je leur dis que si j'avais besoin d'un massage, je ne serais certainement pas ici à cette heure là à discuter avec eux. Ils sourient me tournent le dos et repartent à la recherche d'une autre proie.

    Un peu plus loin, je marche sur le trottoir de droite. Des arbres surplombent le trottoir et donne comme une petite sensation d'intimité. Devant moi, à une vingtaine de mètres, je vois un petit grand-père debout, de profil, qui semble lire le journal. En Chine, le journal est quotidiennement affiché dans des vitrines en plexiglas, gratuitement mis à la disposition du publique. On peut voir à toute heure du jour et de la nuit, hommes et femmes, jeunes ou moins jeunes, les mains jointes derrière le dos, le nez collé à la vitrine, parcourir les colonnes de leur quotidien favori. Mais comme je continue de m'avancer en direction du petit vieux, je finis par m'apercevoir qu'il manque un néon à cette vitrine. En pleine nuit le pauvre bougre ne dois pas y voir grand chose. Mais alors qu'est-ce qui peut bien capter à ce point son attention. Il ne bouge pas d'un poil. On pourrait le confondre avec l'une de ces statues de bronze représentant des scènes des temps anciens avec lesquelles les touristes adorent se faire prendre en photo. Je m'approche de lui et commence à comprendre. En fait il ne se tient pas devant la vitrine en plexiglas mais juste à quelques pas sur la gauche. Il regarde de l'autre côté de la rue, la tête légèrement penchée en arrière. Lorsque j'arrive finalement à sa hauteur, je me faufile derrière lui afin d'observer ce qui le passionne tant.

    En face, un immeuble enroulé de néons rouges. Sur le mur un écran géant qui diffuse un clip musical. Mais quel clip !! Les hauts parleurs diffusent une musique définitivement non chinoise, un genre de Rythm n' B. Je lève à mon tour les yeux vers l'écran et je comprends alors pourquoi notre petit vieux est planté là, à 22h30 un jeudi soir dans une rue branchée de Pékin. Dans l'écran géant, des adolescentes à la peau mate ou noir se trémoussent dans des petits shorts en denim ras les fesses. Leur décolleté est phénoménal et la sueur qui coule le long de leur cou luit sous les éclairages artificiels.

    Je reste quelques minutes derrière le petit grand-père qui ne remarquera jamais ma présence trop absorbé qu'il est par ce spectacle, avant de poursuivre ma route en direction du resto japonais. Tout ça m'a donné soif.

  

par Jonas publié dans : lesjoetlesbasdejonas
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Vendredi 7 avril 2006

Anecdote

  Hier soir, je prends le bus afin de me rendre dans le sud de la ville pour manger des raviolis chinois. Au moment même où je grimpe dans le bus, un chinois, un doigt sur la narine droite expulse par la narine gauche la morve de son nez. Sa peau est mate, les traits de son visage durs. Il est mal coiffé et ses vêtements finissent de trahir son origine. Il vient de la campagne. Je m'arrête, et le regarde abasourdi. Lui me fait un signe, en hochant la tête, alors qu'il s'essuie le nez à l'aide de la manche de sa veste poussiéreuse. Je ne sais pas si ce geste signifie "excuses-moi", ou "salut" ou "vas-y c'est fait tu peux passer". Le jet de morve sorti de la narine gauche du paysan chinois a éclaboussé le sol du bus juste devant moi. Je n'ai d'autre choix que de marcher sur la morve étalée par terre. D'ailleurs chacun fera de même après moi en montant dans le bus.
    Je ne peux m'empêcher de penser qu'il possède sans doute un élevage de poulet, là-bas, dans son village. En plus, il ne cesse d'éternuer.

    Lorsque tu viendras à Pékin, tu remarqueras que l'on crache souvent par terre. Il y a tellement de poussière et de pollution que les gens en ont la gorge et les poumons remplis. Si en plus tu ajoutes à ça la fumée de cigarette, alors c'est le pompon. Dans une telle situation tu n'as d'autre choix que d'expectorer ce magma visqueux. Il est facile alors de se soulager en crachant par terre, sans même  prendre la peine de viser le caniveau. C'est fréquent à tel point que c'en est devenu typique. Lorsque tu circules dans Pékin, la mélodieuse mélodie du raclage de gorge n'est pas bien loin.

    Se pose alors le problème fondamental de l'hygiène.
    Les spécialistes sont encore à se demander comment le SRAS a-t-il pu créer une telle panique à Pékin pendant l'épidémie de 2003.
    Le plus choquant, lorsque j'étais dans le bus, c'est que personne n'a réagi. Quelqu'un aurait pu dire à cet homme : "écoutes vieux, ne craches pas comme ça n'importe où !!!". Bon tu me diras que moi qui parle le chinois, j'aurais pu le faire. Mais j'en avais avalé ma chique, moi, de le voir se moucher ainsi.

Questions

   
Pourquoi personne ne réagit aux crachats de son voisin ?
C'est la liberté individuelle qui fait que chacun respecte le comportement de l'autre ?
C'est pour pouvoir cracher soi-même ?
C'est par mépris pour l'autre, tu ne te mêles pas de celui qui crache ?
Ou bien cela ne gêne tout simplement personne ?

    Cette absence d'hygiène traduit-elle un manque d'éducation ?
Mettre la main devant sa bouche lorsque l'on éternue est-il malpoli à Pékin ?
Pourquoi les pékinois ne trouvent-ils pas répugnant de cracher ?
Pourquoi les pékinois se savent pas que beaucoup de maladies se transmettent par la salive ?
Quel est l'intérêt du gouvernement chinois à garder ses citoyens dans une telle ignorance ?

    Qu'est-ce qui peut pousser l'humain à changer son propre comportement ?
Le regard de l'autre est-il suffisamment puissant ?
Un changement peut-il être accompli individuellement ?
Humilier plutôt que raisonner ?



    Sur le chemin du retour, une odeur nauséabonde. Mon écharpe plaquée contre le nez, je cherche sa provenance. Sur le bitume, le long du caniveau, j'aperçois une masse noire. Un petit monticule de matière fécale, retiré de l'égout, dans lequel il s'était amoncelé.

par Jonas publié dans : lesjoetlesbasdejonas
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